Démarche artistique

En privilégiant un protocole rigoureux, d’une grande économie de moyen, j’inscris directement dans l’encaustique des textes dont le sens sera ultérieurement sacrifié par l’ajout et le retrait de couches de cire, de réécriture et de ratures. Cette façon de procéder me permet de transcender les limites de l’altération et de la saturation tout en créant des surfaces expressives et sensibles dont le contenu d’abord textuel devient illisible.

Dans ces palimpsestes, l’écriture se transforme en une trace dépositaire de silence. Un silence feutré, chargé de contradictions puisqu’il naît de réflexions sociologiques qui ne seront jamais réellement communiquées. Ce refus de rendre accessible à tous mes réflexions et questionnements concernant notre société est également un refus de faire partie de cette divulgation abusive de soi que l’on constate, entre autres, sur le web et les réseaux sociaux. Mais encore, le paradoxe d’écrire dans une idée du non lu et de non-communicabilité me questionne et m’habite.

Durant ce rituel long et fastidieux, sorte d’éloge à la lenteur, j’expérimente et je réfléchis au silence comme modulateur de la communication. Ce brouillage systémique est, en quelque sorte, une investigation du processus de la pensée et de la complexité de la conscience; le mouvement de la pensée étant continuellement rompu et simultanément modifié. En inscrivant, afin de ralentir le flot de pensées, je laisse une trace de ce processus, de ce qui a été et qui n’est plus.

Détail, peinture encaustique sur bois
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